LA BRETAGNE DU-HAUT DES PHARES
|
Chapelles
et ports fortifiés construits par les hommes, caps sculptés à coups
de lame par la mer. La côte bretonne est une oeuvre d'art. De Cancale
au Croisic, une quinzaine de phares ouverts au public balisent ce bout
du monde marin. |
![]() |
|
![]() |
Cap sur la Côte de granit rose, après une escale à Tréguier dont la cathédrale est l'un des chefs d'oeuvre de l'art gothique régional, et à Plougrescant où la curieuse chapelle Saint-Gonéry présente des peintures naïves dans sa nef en forme de carène renversée. La Pointe du Château précipite dans les vagues d'énormes blocs de granit. Via PorsHir, Pors-Scaff, Buguélès, on rejoint la côte le long de laquelle, de Perros-Guirec à Trébeurden, des chaos de rochers rose et or dessinent un paysage de légende. Ploumanac'h avec ses amoncellements extravagants, son phare de granit rose et son petit oratoire marin partage avec Trégastel les plus spectaculaires. Roscoff, ancien repère de corsaires, laisse admirer son vieux port du haut du phare. Celui de Plouguerneau, datant de 1802, est le plus haut d'Europe avec ses 77 m et le plus haut du monde construit en pierres de taille. Un passeur emmène les visiteurs à l'île Vierge. Courage ! Près de 400 marches et pour récompenser un point de vue unique sur L'Aber-Wrac'h. | |
| La Côte des Abers et le phare racontent aussi leur histoire au musée des Goémoniers à Plouguerneau. Mais là où le symbole se fait majestueux, c'est au crépuscule, lorsque le phare de la Pointe de Saint-Mathieu, à Plougonvelin allume son feu au-dessus des ruines de l'abbaye, vestige des Xllle et XIVe siècles. Dès 1400, les moines alimentaient un feu avec de l'huile de poisson, en contrepartie d'un droit de bris sur les épaves des navires naufragés. L'ancien fanal édifié contre l'église fut rabaissé au XIXe siècle pour ne pas faire écran au phare actuel. Du Conquet (phare de Kermorvan sur l'estuaire) comme de Brest (phare du Petit Minou à l'entrée du goulet de la rade une liaison maritime mène à l'île d'Ouessant. La Jument Kéréon, Le Stiff, Le Créac'h dont le feu puissant commande l'entrée de La Manche et voit défiler quelque 300 bateaux par jour, pas moins de 4 phares surveillent ces parages si dangereux pour les marins . L'île posséde aussi un centre d'interprétation des phares et balises, outil technique et témoin historique de l'épopée des bâtisseurs de phares. Par la presqu'île de Crozon, longue croix ocre couverte d'ajoncs et de bruyères, la prochaine escale est Douarnenez et son musée vivant du Bateau. |
![]() |
|
![]() |
Faisant voile vers la Baie des Trépassés, on pourra s'arrêter à la Pointe du Millier, avec sa maison phare isolée au bout de sentiers à fleur de falaises, et à la Pointe du Van où la chapelle Saint-They comptemple le phaare de la Vieille. Quand à la Pointe du Raz, autant l'admirer du haut des 300 marches du phare d'Eckmühl à Penmarch, de si belle architecture. La vue embrase les dunes désolées où se dresse l'émouvante Notre-Dame-deTronoën, dont le calvaire rongé et moussu, sans doute le plus ancien de Bretagne, s'orne de scènes de la Passion fantômatiques. Voici la Côte des Avens avec ses estuaires semés d'îlotis, ses rivières serpentines comme l'Odet que l'on suit du haut du phare de la Pyramide à Bénodet. Après Concarneau, dont la criée pendant la vente du poisson mérite autant le détour que la célèbre ville close, les rias égrènent leurs ports minuscules : Brigneau à Riec-sur-Bélon, Port Merrien et Doëlan à Moëlan-sur-Mer, l'île Saint-Cado près de Belz... Mais l'histoire est une nouvelle fois au rendez-vous à Port-Louis, citadelle face à Lorient abritant le musée de la Compagnie des Indes : à Auray, où une goélette vient de s'ancrer dans le vieux port de Saint-Goustan, au pied des rampes du Loch; à Vannes aux maisons à pans de bois, dans le Golfe du Morbihan où les îles, dit la légende, sont aussi nombreuses que les jours de l'année ; à Erdeven et Carnac, hauts lieux de l'art mégalithique. De Quiberon, on embarque pour Belle-lle. Culminant à 92 m, le phare de Bangor est le plus puissant de France et offre une vision panoramique de Lorient au Croisic. En Loire Atlantique, les phares côtiers se font plus modestes. | |
| Mais
pourquoi ne pas se laisser tenter par une visite au feu de la Jetée du
Croisic, longue de 850 rn et barrant le Traict qui alimente les marais
salants, ou aux sémaphores du Castelli à Piriac et de Chemoulin à Saint-Marc,
à l'àpic de criques discrètes ? Et achever cette promenade aux phares
par la simple et belle tour de Ville-ès-Martin à Saint-Nazaire que frôlent
les gigantesques cargos entrant dans le chenal de Loire. Près des chantiers
navals, à l'écomusée, l'histoire des gardiens de l'estuaire rencontre
celle des bâtisseurs de paquebots tandis que le Service des Phares ouvre
ses portes chaque été lors des Fêtes de la Mer pour une exposition commentée
par une visite du navire-baliseur Charles Babin. Sur la route des Phares, les amateurs d'art pourront jetter l'ancre à Lamballe où le Musée Mathurin Méheut présente une très importante collection du peintre breton, au Musée de Pont-Aven consacré aux peintres ayant travaillé en Bretagne (dont la fameuse école inspirée par Gauguin). |
![]() |
|